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24 oct. 2011

Vont-ils un jour cesser de se chipoter ?















- "MAMAAAAAAAAAN ! NANO JULOTTE ARRETE PAS DE ME PIQUER MON SURFER D'ARGENT !"
- "MAMAAAAAAAAN ! MICRO JULOT M'A FERME LA PORTE SUR LE PIED ET IL M'A NIQUE MON VERNIS A ONGLES !"
- "MAMAAAAAAAAAAAAAAAN ! NANO JULOTTE A DIT UN GROS MOT !"

Bon, Tati arrête ici mais vous aurez saisi le tableau. De Munch. Le Cri. Pas les Nymphéas. De Monet. Vous respirez à fond, une fois, deux fois. A la troisième respiration à fond, vous hyperventilez, avez la tête qui tourne, vous levez, vous cognez le petit doigt de pied (qui continue d'exister en dépit de toutes les théories darwiniennes en cours) sur le pied du lit qui traîne au milieu de votre chambre, et après moult explétives, vous rendez aux sources du bruit pour constater les dégâts, évaluer le pourcentage en pertes humaines et dommages collatéraux, avant de décréter d'une voix ferme et forte que :

- "BON, CA SUFFIT MAINTENANT ! MICRO TU RETOURNES DANS TA CHAMBRE ET TU FAIS TES DEVOIRS ! NANO, TU LAISSES LE SURF D'ARGENT DE MICRO ET TU VAS DANS LA CUISINE METTRE LA TABLE !"

Que vous faites suivre, d'un tonitruant :


Oui, Tati prône la patience et le dialogue. Mais Tati n'est pas un Parent Parfait. Alors parfois, Tati craque. Oui, même Tati. Tati craque souvent d'ailleurs quand elle y pense :

"         Quand Micro chante comme une chèvre en boucle un mot qui sonne bien mais n'a aucun sens (Tati s'est chronométrer, elle tient 7 mns, et vous ?)
"         Quand Nano décide de sortir jouer au foot en robe longue à froufrous en dentelles un lendemain de pluie (Tati n'a pas eu le temps de se chronométrer sur ce coup là)
"         Quand Micro décide de vérifier jusqu'à combien il sait compter sans se tromper (Tati tient jusqu'à 318 deux fois)
"         Quand Nano joue à répéter tout ce que Tati dit (à égalité avec ajouter "poil au zizi" à la fin)

Mais le winneur du Palmarès c'est quand les enfants se chipotent, se chamaillent, s'énervent mutuellement, pour le simple plaisir de prendre les nerfs de Tati Julotte pour des cordes de guitare trop tendues.

Ca commence toujours plutôt innocemment : vous êtes tranquillement en train de faire un truc d'adulte (genre : voir combien de cacahuètes tiennent dans votre bouche sans les mâcher, combien de m&ms vous pouvez lancer en l'air et attraper au vol pour les manger sans mourir étouffé, essayer de trouver une idée d'article pour votre prochain post,...). Vous profitez d'un moment de calme et de sérénité. Vous entendez les Enfants jouer. Ca parle. Ca parlemente. Un petit cri. Un deuxième. Et c'est l'escalade.

Au début, on est tenté de ne pas intervenir.

Idée magique : si moi, adulte, je n'interviens pas, les Enfants vont s'autoréguler et trouver eux-mêmes une solution. Ca développe leur autonomie. Je suis un bon Parent.

La réalité ? L'état de nature, la loi du plus fort ou de celui qui crie le plus fort.

Du coup, vous l'aurez compris, Tati préconise plutôt l'interventionnisme. Quelques idées :

&         On attend une différence d'âge d'au moins 5 ans entre les deux pour limiter les dégâts de la jalousie.
&         On ne compare pas les enfants. Comparer c'est le mal.

&         On essaie de les séparer le plus possible en fonction de l'espace disponible.

&         On mise beaucoup sur le langage et la communication non violente.

Et si rien de tout cela ne fonctionne, on organise un tournoi à mort et on garde le vainqueur.

D'une manière générale, ce n'est pas grave : les Enfants ne sont pas obligés de s'aimer, ni de s'entendre parfaitement. En revanche, ils ne doivent pas s'entretuer (non, ils ne doivent pas). Et surtout, au grand surtout, ils ne doivent pas vous déranger tout le temps pour n'importe quoi. C'est une règle impérative que vous devez leur inculquer très vite. Sous peine d'atroces souffrances...

5 sept. 2011

Faut-il ranger la chambre ?














Tati aime l'ordre et la propreté. Tonton Julot a été moins bien habitué. Belle-maman Julot a toujours rangé le bazar de Tonton. Du coup, les caleçons et chaussettes (sales) de Tonton ont une fâcheuse tendance à squatter le dessous du lit conjugal. Du côté de Tonton.

Et oui, étrangement, on a beau remuer du nez, claquer des doigts, leur parler avec autorité, rien n'y a fait, les vilains sous-vêtements de Tonton Julot refusent de rejoindre le panier à linge de leur plein gré !

Alors, comment ils font Tati et Tonton pour que leur couple n’implose pas pour une histoire de chaussette sale ?
Ben, ils font des compromis.
Tati range méticuleusement son côté du lit. Tonton fait des efforts pendant une semaine tous les 6 mois.
Ils font des virées Ikéa pour acheter une armoire Pax avec tout plein de systèmes de rangement suédois super ingénieux (tiroir à chaussettes, cintre à cravates, étagères à chemises, etc.). Ils en profitent pour acheter des gadgets totalement inutiles pour la cuisine et manger des boulettes de renne aux airelles.
Parce qu’ils ont la chance d’en avoir les moyens, ils prennent une femme de ménage.
Parfois, ils passent une semaine ou un week-end chez des amis, ou dans la famille. Des amis n'ont pas de Ikéa à côté de chez eux. Ou juste, qui ne sont pas bricoleurs. Enfin toujours est-il que pendant tout le séjour Tati et Tonton sont pris d’envies furieuses de tout ranger comme s’ils étaient habités par Valérie Damidot, et de tout nettoyer comme s’ils étaient possédés par Monsieur Propre (non, c'est pas sexuel... Quoique...). Après, ils rentrent dans leur chez-eux et ils se rassurent en se disant que finalement 2 ou 3 chaussettes qui traînent, c’est pas si grave.

Pour éviter que les Enfants ne soient aussi mal habitués que les chaussettes de Tonton Julot, il paraît logique de leur apprendre très tôt les bienfaits de l'ordre.

Oui, mais comment ? Car vous aurez tous noté, Chers Lecteurs, que l’Enfant a un penchant naturel pour le chaos.

Plusieurs options :

- On laisse faire en se disant qu’à force de s’éclater le gros orteil sur les Playmobils et d’être obligé d’enjamber un château-fort pour atteindre son lit, l’Enfant en grandissant finira par s’y mettre de lui-même. On fera quand même gaffe aux jouets à roulettes, juste au cas … On notera toutefois que l’Enfant a une entropie particulièrement développée et qu’il peut ne s’y mettre qu’après l’adolescence, voire même jamais. D’un autre côté, l’Enfant procédant par imitation, si vous rangez, il/elle rangera. Un jour. Probablement. Enfin, on ne peut pas l’exclure.

- On fait à leur place, on se la joue Mary Poppins (ou quand on a les moyens, on demande à la femme de ménage de faire à leur place). Tati Julotte sait bien que c’est l’option la plus simple quand on frôle la crise de nerfs mais quand même globalement elle pense que c’est aussi le meilleur moyen pour que mini-Julot finisse comme Tonton Julot …

- On adopte la méthode dure. On pique une crise, on menace et on finit par mettre tous les jouets dans des sacs poubelles entreposés sur le palier, l’Enfant devant supplier pour récupérer son doudou avant de dormir. On dit que les jouets seront remis à disposition quand ils auront été soigneusement rangés un par un, à leur place. Pour l’avoir vécu petite, Tati Julotte peut témoigner que c’est redoutablement efficace. R.A.D.I.C.A.L. mais un peu traumatisant. Depuis ce jour, la seule vue d’un sac poubelle lui provoque encore des tremblements.

- On parle à l’Enfant (et oui, encore et toujours). On lui explique comme c’est chouette d’avoir une chambre dont il peut être fier, de pouvoir retrouver facilement ses jouets préférés, d’avoir des Playmobils auxquels il ne manque pas systématiquement le casque ou l’épée, quand ce n’est pas un bras. On adopte un système de rangement simple et ingénieux (la Caisse, le meilleur ami de l’Enfant), on range un peu avec lui et on lui apprend à faire seul aussi. Cela implique beaucoup de patience, notamment parce que l’ordre ne dure que quelques heures. La durée augmente cependant proportionnellement à l'augmentation de l'âge de l'Enfant.

Heureusement, un jour, l’Enfant va quitter le nid... ET CE SERA PLUS LE PROBLEME DU PARENT ! MOUWAHAHAHA !

25 août 2011

Doit-on céder au(x) caprice(s) ?




Au fond, nous sommes tous d'accord sur la réponse évidente à cette question : NON.

Sauf qu'en pratique, le caprice de l’Enfant, c’est compliqué à gérer pour le Parent. 
Parce que le Parent, d'un côté, il est sympa et aimant et il a envie de faire plaisir à l’Enfant. 
D'un autre, le Parent se dit qu'il se doit d'être responsable, d'éduquer l'Enfant, de lui donner un cadre, toussa toussa.
Pendant ce temps, l’Enfant, machiavélique, lui se dit « Tant que je gagne, je joue. ». Il joue donc sur la culpabilité du Parent et teste ses limites.

Tout parent (sauf les Autres bien sûr, eux ils n'ont pas ce genre de questionnement) a connu au moins une fois (en général plusieurs) cette horrible solitude de l’Enfant se mettant à hurler et/ou à se rouler par terre au milieu d’un endroit public, tandis que le Parent alterne mots câlins, insultes, et communication non violente pour essayer de lui faire entendre que « Non, papa n'achètera pas ce paquet de bonbons [dégueu d'une couleur indéfinie et à la date de péremption effacée], repose moi ça tout de suite », tout en tentant de conserver calme et dignité.

Plusieurs cas de figure :
(a) De guerre lasse, le Parent cède au caprice. MAUVAIS PARENT 
(b) Le Parent met le gnome hurlant et baveux, la morve dégoulinant sur l’épaule du [joli pull en maille Bérénice/sublime costard Paul Smith] qu'il vient de s’acheter, et passe en caisse, en faisant mine d’ignorer les visages des autres adultes emplis d’empathie, de pitié, de haine ou d’amusement. PARENT HABITUE
(c) Le Parent insulte l'Enfant sous les regards désapprobateurs de la foule. MAUVAIS PARENT

Aucune de ces solutions n'étant satisfaisante pour le Parent, la question demeure : comment on s’en sort ?

Bien sûr, on pourrait épiloguer pendant des heures pour comprendre pourquoi le Parent culpabilise. Mais, peu importe, on n’est pas Psychologie Magazine. On pourrait aussi d'essayer d'analyser les causes profondes qui poussent l'Enfant à hurler. Mais justement, si on le savait, on aurait alors évité l'incident. Si vous parlez anglais, toutefois, quelques explications ici. Enfin en gros, quand l'Enfant est fatigué/énervé/affamé et le Parent aussi, comme on dit sur Facebook it's complicated.

Outre que toute idée est bienvenue en commentaire de ce post, voici quelques suggestions que j’ai testé pour vous :

1. Essayer de renverser la vapeur et de culpabiliser l’Enfant :

« Arrêtes, tout le monde te regarde ! » L’Enfant n’en ayant rien à faire au mieux, ou son but étant justement d’attirer l’attention au pire, Tati Julotte ne recommande pas cet argument.

« Arrêtes, tu es tout(e) moche quand tu cries comme ça : ton visage se déforme, tes yeux globulent, ton nez morve, ta bouche bave. Cesses, sinon tu vas faire peur aux autres enfants ». Selon l’âge de l’Enfant et la conscience qu’il a de lui-même, ça peut marcher : les princesses n’aiment pas être laides, et la morve fait toujours marrer les garçons.

2. Essayer de changer de sujet :

« Oh ! Regarde là : un ballon/un mickey/une limace volante/un paquet de corn flakes/une vache/un pokemon/une princesse/une fée/superman/un top model ! »

Selon votre capacité à trouver un sujet d’intérêt autre, ça peut marcher. Si l’Enfant est très concentré sur son caprice toutefois, ce ne sera pas suffisant.

3. Essayer de lui parler (ben oui, on en revient toujours là) en lui montrant que vous l'avez entendu :

 "Tu le voulais désespérément ce paquet de bonbons. Je comprends. Et pis tu es fâché parce que papa/maman ne voulait pas. Et est-ce qu'on pourrait dire que tu en auras un autre ? mieux ? que tu auras un carré de chocolat à la place ?". Reste alors à négocier le nouveau désir du carré de bon chocolat à la place du paquet de bonbon pourri. "Oui, j'ai dit d'accord pour le carré de chocolat. Dès que nous sommes à la maison. Regarde : on est juste à côté de la maison (pensée magique)".

Si l'Enfant est vraiment énervé, ou si le Parent en est à sa quatorzième gestion de crise de la journée, ça ne marchera pas. Du coup, la seule vraie solution c'est de mettre le paquet de linge sur votre épaule et partez en courant et en souriant, genre John Wayne et Maureen O'Hara dans l’Homme Tranquille et d'aller poser le paquet dans la voiture ou dans sa chambre. Attendez un peu qu’il refroidisse puis envoyez l’autre parent lui parler ou re-tentez le coup au bout de quelques minutes.

Et surtout dites-lui (et dites vous) que vous l'aimez malgré tout :) [si, si, si ! Juste attendez un peu, ce sera plus sincère]